31.5.07

Entrelacs est ouvert ...


Entrelacs est à nouveau ouvert. Pour combien de temps ? L'avenir le dira. J'aimerais y parler du besoin et de l'envie (ou de l'envie et du besoin) de parler littérature (petite littérature, grande, moyenne, de tous les genres littéraires en fait) entre francophones de tous les pays, et des moyens d'en parler, et d'en parler ensemble. Je m'explique.


En novembre 2004, lesezeichen, allemande francophone et moi, français francophone, décidions d'ouvrir ce blog pour nous parler de nos lectures et inviter ceux qui le souhaitaient à discuter avec nous. Quelques-uns vinrent y mettre leur "grain de sel" ;-), puis l'intérêt s'emoussa. Ce blog finit par se faire silencieux. Mais nous continuâmes chacun à notre façon : Lesezeichen en participant à d'autres sites de communauté et moi en créant le site Agora des livres, site de communauté pour tous les francophones passionnés de livres et désireux de partager leur passion avec les autres.

Il y a quelques jours, Hubert Guillaud, qui tient le blog La Feuille, consacré aux "enjeux de l'édition électronique", lançait une invitation à tous les "blogueurs qui s'intéressent aux livres, aux bibliothèques 2.0 et à l'édition numérique" à se retrouver pour échanger le temps d'une soirée (pour commencer ...), dans un bar, à Paris, le 12 juin prochain. Excellente initiative, à laquelle une cinquantaine de ces blogueurs ont déjà repondu présent ! J'espère pouvoir en être.

Cet appel a servi un peu de déclancheur pour me faire ré-ouvrir le blog Entrelacs. Je me rends compte que, sur Internet, il ne suffit pas de faire des choses, il faut aussi en parler. Mon premier reflexe, une fois que l'Agora des Livres fut un peu plus qu'une maquette et que quelques dizaines de lecteurs avaient pris l'habitude d'y enregistrer et d'y commenter leurs lectures, fut de compter sur les blogueurs de cette "bouquinosphère" (comme l'appelle joliement Hubert Guillaud) pour parler de mon site. C'était un peu naïf de ma part, j'en conviens. Il fut évoqué 2 ou 3 fois du bout du clavier, guère davantage.

C'est un phénomène sans doute naturel en blogosphère qui m'avait échappé de prime abord : si tu ne parles pas toi-même de ce que tu fais, il a fort à parier que personne n'en parlera. Alors j'ai décidé d'en parler. Voilà, vous l'aurez voulu ! ;-)

Mais il ne s'agit pas de transformer ce blog en caisse de raisonnance de l'Agora des Livres. S'il ne s'etait agit que de cela, j'aurais alors créé un autre blog intitulé peut-être "Une chose appelée Agora" (encore que, ça sonne bien, je réserve l'appellation, merci ! :)). J'aimerais parler, donc, de cette envie de parler des livres et de la meilleure façon de le faire. J'aimerais aussi parler du besoin de parler avec des lecteurs francophones au delà des frontières, et contribuer ainsi à donner du sens à cette jolie formule de "littérature-monde" qui fut le thème de l'édtion 2007 du festival des Etonnants Voyageurs qui se tenait ce week-end dans ma ville natale de St-Malo, mais auquel, malheureusement, je n'ai pas pu me rendre cette année.

Donc je reste fidèle à cette idée initiale d'Entrelacs : parler, en français, de lectures croisées sans frontières, mais en prenant cette fois un angle un peu plus "méta" : comment parler de nos lectures croisées, comment faire vivre et se développer cette francophonie des lecteurs (grâce à internet bien-sûr, mais uniquement internet) ? Et j'espère, chère Lesezeichen, que tu viendras y mettre ton grain de sel ou davantage !

Voilà pour l'esquisse du projet.

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21.4.07

Entrelacs est fermé ...


Ce blog est désormais fermé. Nous invitons tous les visiteurs éventuels à decouvrir le site Agora des Livres, créé afin que les lecteurs francophones puissent garder une trace de leurs lectures et partager leur passion des livres.

Entrez le CLID :  





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1.6.06

Vous chantiez ? j'en suis fort aise. Eh bien lisez maintenant !

Textcasting has arrived. By Andy Bowers

Le Podcasting a paraît-il conquis la planète, en tout cas la planète "virtuelle", celle qui se branche tous les jours sur internet et qui ne constitue en fait qu'une infime minorité de la planète "réelle". Pour ma part, je n'ai jamais podcasté. Je sais seulement que c'est une façon de recevoir tous les jours (ou quand on veut) sa dose de "sons" (chansons, émissions de radio, etc.) que des fils RSS collectent pour vous. Vous enregistrez cette dose sur votre iPod ou autre balladeur mp3 et vous écoutez ça en voiture, dans les transports en commun, au travail, où vous voulez. Ce qui m'amuse c'est qu'un site de communauté américain, Slate.com, a découvert que l'on pouvait utiliser la même technologie pour faire passer du texte par le même canal. Pour pouvoir lire le texte, il faut bien-sûr disposer d'un écran assez grand sur son balladeur, sinon, vous risquez de vous arracher les cheveux en lisant des séquences de 4 ou 5 mots à la fois ! Ils appellent ça le "Textcasting".

Pour une fois, c'est la musique et la video qui ont devancé le texte ! Et ce ne sera sans doute pas la seule. Mais le texte , tenace, joue les trouble-fête sur un média qui a priori n'était pas fait pour lui. "Une image vaut mieux qu'un long discours" dit-on. Certes, mais chassez l'écrit par la porte, il reviendra par la fenêtre !

(Pour les lecteurs non familers avec la culture française, le titre de ce message est allusion à une fable de La Fontaine, la Cigale et la Fourmi, dont les derniers vers sont : "Vous chantiez, j'en suis fort aise, Eh bien dansez maintenant !" )

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31.5.06

La Télé-réalité débarque chez les Pigmées

France Télévisions, télévision publique, veut-elle aller encore plus loin que TF1 dans l'abject ? Le site ICRA International, rélayé par le site cyberacteurs.org lance une pétition contre la nouvelle émission de Télé-réalité programmée par France Télévisions.

ICRA International - Non à la téléréalité chez les peuples autochtones:
Il semblerait que le monde des peuples autochtones et des dernières tribus soit de plus en plus à la mode et aux goûts du jour. La dernière trouvaille en date des décideurs qui font et défont le monde du PAF (Paysage Audiovisuel Français) n’est autre que la commande par France Télévisions d’un reality show au cœur des dernières tribus !

France Télévisions vient en effet de charger une société de production française, filiale du groupe Endemol, de monter pour France 2 9 émissions de 90 minutes chacune destinées au prime time et qui mettront en scène un casting de 6 à 9 candidats lancés à l’aventure au cœur des tribus.
Ils auront à vivre pendant huit jours la vie tribale des Hadzabé, celle des Miao de Chine, des cavaliers mongols, etc., et seront jugés par un ethnologue référent et par les chefs des villages ! Koh Lanta chez les tribus ! On imagine déjà nos apprentis explorateurs s’essayer aux mets les plus surprenants, se vêtir de turbans ou de caches sexes, se faire tatouer, ou singer les rites et les traditions les plus sacrés…

Le tournage est prévu pour l’été 2006 et la diffusion à partir de septembre. Voilà de quoi donner bien des idées à nos ethnotouristes en herbe et encourager au final, une clientèle de masse providentielle pour les professionnels de l’ethnotourisme. L’exploitation des derniers peuples sages de la planète atteint ici des sommets affligeants.

ICRA International a décidé de réagir très vite pour tenter de stopper la production de cette série d’émissions en lançant une pétition jointe à votre journal et téléchargeable ci-dessous que nous vous demandons de signer et de faire signer par le plus grand nombre de personnes autour de vous et que nous enverrons au CSA ainsi qu’au Président directeur Général de France Télévision, Patrick de Carolis.

Pour agir : http://www.icrainternational.org/urgence/293

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17.4.06

LibraryThing | Catalog your books online

LibraryThing | Catalog your books online

Je voudrais essayer de réactiver notre blog, lesezeichen, en utilisant le mode "Blog This" (c'est comme un favori qui permet de signaler sur le blog des sites ou des pages web qui nous semblent intéressantes, et ce en un seul clic). Je commence ici avec LibraryThing que tu m'as toi-même signalé il y a quelques mois déjà et qui est une source d'inspiration très importante pour le site que je suis moi-même en train de contruire, l'Agora des Livres. C'est un site qui permet de cataloguer ses livres en utilisant des mots-clés personnels, à l'instar des sites Del.ic.ious.com (pour les favoris) et Flickr.com (pour les photos). Une fois catalogués et aussi annotés, il est possible de "naviguer" dans cette vaste bibliothèques de livres par affinité de lectures. Je trouve le principe très intéressant et intellectuellement "excitant". Je pense qu'il est difficile néanmoins d'utiliser ce principe dans un univers multilingue. Mélanger les mots-clés et les livres de différentes langues est un peu confusant, il me semble (mais peut-être que je me trompe). En tout cas mon parti pris actuel est de développer un site francophone sur ce principe, tout en pensant qu'un jour il pourrait exister une version germanophone ou hispanophone (ou autre) de ce site. En attendant, je suis admiratif devant le travail accompli par Tim et toute l'équipe de LibraryThing.

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14.12.05

Carlos Zafon sur le site du bookcrossing


La citation de Carlos Zafon (extraite de "L'ombre du vent") sur le site du Bookcrossing 


Lesezeichen en avait parlé (en bien) ici

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4.11.05


Entrelacs fut Blog du Jour sur Typepad le 31/10/2005. C'est Laurence qui tient le blog biblioblog.fr qui me l'a signalé.

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23.6.05

La voix est libre : rencontre avec une femme remarquable

 
D'abord, il y a le théâtre : Les Bouffes du Nord. Il y a une magie dans ce théâtre. Le décor n'est pas seulement sur la scène mais autour de la scène avec ce "rideau" un peu, turc un peu quoi ? et il est aussi dans la salle avec ce restant de theâtre à l'italienne qu'une guerre (laquelle ? serait-ce la guerre contre les comédiens ?) aurait dévasté, ruiné. Aux bouffes du Nord a eu lieu un festival de 3 jours appelé "La voix est libre" consacré aux nouvelles façons de dire les mots, de les mettre en scène (poésie vocale, slam, etc.). J'ai assisté à la troisème de ces soirées.

 
Après une première partie où nous écoutâmes des poètes inspirés jouer avec leurs mots et avec leur folie (Lazare, accompagné par une Elise Dabrowski très en verve avec sa contrebasse et sa voix, fut particulièrement bien déjanté, lui aussi), après cette première partie arriva le clou de la soirée, Madame Fontaine avec ses 3 "petits gars", 3 musiciens de la compagnie des Musiques à Ouïr. Qui fut le plus étonnant, le plus bouleversant ? Fut-ce le trio de musiciens qui jouaient allégrement de plein d'instruments ou fut-ce ce diablotin de Brigitte Fontaine qui, en dépit d'une voix pas toujours juste, sut nous entrainer dans ses délires et ses facéties. Peu importe, nous saluons la performance des 4 rejoints, pour deux chansons, par Areski.

Fontaine, Areski, Christophe Moinnot pétillant au sax, Denis Charolles terriblement efficace à la batterie et Fred Gastard solide au sax basse et aux claviers, nous étions aux anges. La Fontaine, "c'est pas du pipeau" !

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14.3.05

Don Quijote, 400 ans après

Inspiré par le 400ème anniversaire de la publication de Don Quijote, andras et moi nous avons eu l'idée de lire ce grand (et épais ;-) ) roman en parallèle. Après avoir lu et bien aimé les premiers chapitres nous avons décidé de noter nos impressions dans notre blog au fur et á mesure de notre lecture. Au début de notre 'projet' nous avons un peu discuté sur les traductions puisque moi j'étais tombée sur celle de Ludwig Braunfels (de 1848), dans un allemand datée et ronflante, presque illisible aujourd'hui.  


Andras, par contre, dispose d'une traduction francaise moderne et très bien fait de Aline Schulmann. On parle aussi de cette traduction dans un article très intéressant qu'il m'avait signalé, le voici. Cet article m'a entre autre rappelé que la vie de Cervantes était presque aussi aventureuse que celle de son héro. Pour en revenir aux traductions (je pense que c'est un point très important) je me suis renseignée et il semble qu'il y en a aussi une édition allemande qui soit plus moderne, celle de Susanne Lange, qui, elle aussi a remporté un prix. Là aussi il y a un article (en Allemand), un interview avec la traductrice qui m'a donné d'intéressant points de départ pour ma lecture, en ce qui concerne les relations entre humour/critique sociale, réalité/fiction et aussi Sancho Pansa/Don Quijote.

lesezeichen, 14.03.05

 Merci lesezeichen pour cette petite vignette. Il est temps que j'ajoute quelque chose à mon tour ! J'ai lu jusqu'à présent les 18 premiers chapitres ainsi que le prologue. C'est une merveilleuse découverte que ce livre ! Lui qui arbore cette année 400 printemps, il se porte comme un charme et il l'apparaît d'une étonnante jeunesse d'esprit.

Cervantes s'amuse en écrivant un vrai-faux roman de chevalerie, il multiplie les clins d'oeil au lecteur, il interrompt son récit pour nous parler du livre lui-même, inventant ainsi l'écriture autoréférencielle. Il se permet même de faire la leçon aux futurs romanciers ! Il est d'un culot littéraire que je n'aurais pas imaginé possible à cette époque et qu'on retrouvera un siècle et demi plus tard chez un Diderot dans Jacques le Fataliste.
Sur le fond de l'histoire, on peut se demander si Cervantès est du côté de son personnage ou s'il s'en moque vraiment, dénigrant ses rêveries, broquardant ces hallucinations. A première vue, c'est le deuxième point de vue qui s'impose. Don Quichotte est bête. Il ne récolte que ce qu'il mérite : chutes, coups en tous genres, mépris de ses interlocuteurs. Mais Don Quichotte est-il si bête que cela ? Je ne trancherais pas ce point avant d'avoir avancé davantage dans ma lecture.

andras, 22.03.05

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Chi Li, douceur et cruauté dans la Chine d'aujourd'hui

Chi Li est une écrivaine chinoise que j'ai découverte lors du Salon du Livre de Paris en 2004. Ce jour là, séduit une nouvelle fois par les belles couvertures d'Actes Sud mais aussi par des quatrièmes de couverture engageantes, j'ai acheté trois livres de cet auteur.
 Chi Li est née la même année que moi, en 1957, mais à quelques milliers de kilomètres de moi, à l'autre bout de la terre en fait, à Wuhan, capitale de la province du Hubei, au centre de la Chine. Elle a exercé pendant plusieurs années la médecine avant de travailler comme éditeur dans une revue littéraire puis de se consacrer à l'écriture. Elle est à l'origine du Groupe néo-réaliste, nous apprend la 4eme de couv. Des 3 livres achetés, Triste vie, Trouée dans les nuages, Préméditation, c'est le plus court récit, Triste vie, que j'ai lu en premier, il y a plusieurs mois maintenant. Il m'a enthousiasmé.
Il est maintenant passé entre les mains d'une grande connaisseuse en littérature d'autres civilisations, la bookcrosseuse e-marmotte.

Et c'est tout récemment que j'ai lu, coup sur coup, les deux autres livres. Ce qui est étonnant dans ces trois livres c'est de sentir à la fois le dépaysement et la proximité avec les personnages. Chi Li dépeint la vie tourmentée de personnages ordinaires, dans leur vie quotidienne : un ouvrier d'usine dont la femme ne travaille pas dans Triste vie, un couple d'ingénieurs dans Trouée dans les nuages et un paysan qui s'engage dans l'armée nationaliste sous l'occupation japonaise dans Préméditation. 
 A chaque fois, l'environnement des protagonistes est décrit par petites touches précises et brèves (les longues descriptions à la Victor Hugo ou à la Balzac nous sont épargnées), mais toujours très pertinentes. Quant à la description des personnages, elle est telle qu'on se sent vite vivre avec eux et ressentir ce qu'ils ressentent. Le tout dans un langage d'une limpidité de cristal. Plongés dans une atmosphère et un cadre très chinois (la chine communiste, la guerre sino-japonaise, la chine "nouvelle"), nous ressentons pourtant une familiarité profonde avec ces personnages, même quand leurs actes confinent à la barbarie !

Chi Li est une des plus belles découvertes que j'ai faites en littérature ces dernières années.

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17.2.05

Le trackback arrive sur Entrelacs

Je n'ai pas encore tout compris au sujet de cette fonctionnalité, mais ça progresse. Ce que j'ai compris c'est que cela permet de poster sur d'autres blogs des sortes de panneaux indicateurs pour dire : hep! vous qui lisez ce post, allez aussi sur cet autre blog (le mien), il y a un article qui peut vous intéresser ! Les panneaux en question sont les fameux liens trackback(i) que vous voyez sous les posts des blogs qui ont activé cette fonction.

Ici, je vais (si ça marche) faire un lien trackback avec le site Haloscan qui fournit (gratuitement) la mécanique sousjacente. Mais ... vous ne verrez rien ! En effet ce sont les gens qui vont sur Haloscan sur cette page qui peuvent voir ce lien et venir ici.

Je vais essayer de faire un trackback vers un blog compatible (celui de Septentria, sur 20six). Si vous allez vous verrez (au moins) 2 trackbacks dont le premier permet de revenir ici. Fascinant, non ? ;-) (Edit : non, vous ne les voyez pas car les liens trackbacks apparaissent sur la page sans les commentaires. Essayez ici et cherchez le post "Kesako?" sous la recette de bugnes lyonnaises (d'ailleurs pourquoi on s'embête avec les trackbacks, alors qu'il y a les bugnes lyonnaises ?).

Maintenant, j'attends qu'une bonne âme veuille bien me poser un trackback sur l'un des articles de ce blog ! (plus tard...) La bonne âme est venue... Merci Septentria !
Hum... des bugnes au kirch ! :)

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12.2.05

Leïla et Noëlle vont aux Assises

Je vais me permettre de sortir un peu de la ligne éditoriale (!) de ce blog pour parler, non pas d'un livre, d'une pièce de théâtre ou d'un film, mais d'une réunion à laquelle j'ai participé jeudi (le 10 février 2005) et qui s'intitulait Assises régionales de la culture en Ile-de-France. On reste néanmoins dans la culture, ne partez pas !
   Je n'ai pas l'ambition de faire ici un compte-rendu des 3 tables rondes qui se sont déroulées de 9h30 à 19h. Je dirais seulement que ce fut pour moi un moment très intéressant et très riche, notamment par la diversité des intervenants et des expériences dont ils rendaient compte, par l'écoute qui globalement prévalait, et par la vitalité du débat, les espoirs des uns n'étant pas, fort heureusement, balayés par le souci de réalisme des autres.

Une intervenante à l'issue des débats faisait part à la salle de sa tristesse mais il me semble que ce n'était pas un avis largement partagé et que pour une fois les excès de langue de bois ont été évités. Non, plutôt qu'un résumé, je vais essayer de vous parler de deux femmes qui m'ont frappé, mais d'une façon très différente l'une de l'autre.

La première est Leïla Cukierman, elle est directrice du Théâtre d'Ivry. C'est elle qui porte ses lunettes tout au bout de son nez et cela lui donne irresistiblement un air de chat. C'est la première fois que je la voyais ou l'écoutais et je suis tombé sous le charme. Ce n'est pas son look de chat qui m'a fait cet effet, même s'il est vrai que son apparence assez singulière comptait aussi ;-). Mais c'est ce qu'elle exprimait et la façon dont elle le disait qui m'ont impressionné. Il y a eu tellement d'intervenants que je ne saurais me rappeller avec précision tout le contenu de son message mais elle plaidait pour la rencontre des cultures et, plus précisément, des imaginaires. Elle disait que les gens avaient certes besoin d'identité, de repères ancrés dans leur tradition mais que cela n'était pas suffisant. Il fallait aller rencontrer les cultures des autres et je crois bien qu'elle parlait d'un "imaginaire pluriel". Et on sentait que ce n'était pas que des mots et que son théâtre tenait sa place dans ces nécessaires rencontres et qu'il fallait développer ces lieux de rencontres. Bien-sûr, en tant que co-auteur de ce blog franco-allemand, issu d'une rencontre via le bookcrossing, cette Internationale des dealers de littérature, je ne peux qu'applaudir des 2 mains et des 2 pieds ! Elle parlait aussi de la relation de l'art et du citoyen. Elle parlait (je l'ai noté) du doute et du bouleversement que l'art pouvait, devait même, provoquer et qui était une prémisse à la remise en cause de la société. Ce résumé ne rend pas complètement justice à ce qu'elle a si bien dit, d'autant que sa façon de parler, doucement mais avec conviction, avec ses propres mots et pourtant compréhensibles par tous, avec son coeur mais aussi avec son expérience de terrain, était à l'unisson de son discours et lui confèrait encore plus de poids. C'était un moment de grâce dans cette journée, en tout cas c'est ainsi que je l'ai ressenti. Merci, Madame.

Je n'ai pas le même éloge à adresser à Mme Noëlle Châtelet, écrivain, qui parlait au nom de la Société des Gens de Lettres dont elle est vice-présidente. Loin s'en faut. Cette personne, qui est une figure de la scène littéraire française, souvent invitée sur les plateaux de télévision, a fait preuve d'un autisme assez hallucinant. Au mépris de toutes les autres personnes qui attendaient leur tour de parole, elle a accaparé le micro pendant un temps d'autant plus disproportionné que son discours était insipide et ne répetait qu'une seule incantation "les écrivains, les écrivains, soutenez les écrivains, soutenez-les puisque ... ce sont des écrivains."  
La salle exaspérée par ce creux discours qui s'éternisait, manifesta son agacement. La dame ne voulu pas entendre l'avertissement. Elle continua de plus belle, reprenant la parole alors que ce n'était plus son tour, pour un discours encore un peu plus vide de sens et cette fois s'attirant les sifflets et les protestations de la salle. On sentit la dame vexée, elle finit par se taire au bout d'un moment. Ouf. On avait cru un moment que la culture risquait se faire Châteletiser. La salle avait montré qu'on ne lui amputerait pas son temps de parole impunément. Et surtout, surtout, qu'elle n'avait pas envie qu'on lui serve la messe. Olé!

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25.1.05

2046, for the sake of love

J'avais adoré In the mood for love du cinéaste de Hong Kong, Wong Kar Waï. Ayant peur d'être déçu par son dernier film, 2046, je n'étais pas allé le voir à sa sortie. Fort heureusement une deuxième chance m'a été donnée de le voir, qui plus est dans une sympathique salle du 18ème (Studio 28), dans le cadre du festival Télérama. Et ce fut un choc, peut-être encore plus grand que celui que j'avais ressenti en découvrant In the mood for love. C'est un film si envoûtant, si riche d'images et de sensations, si complexe dans sa narration, que j'ai peur d'en parler mal. Tant pis, je tente et que Wong veuille bien me pardonner.



Je tente, je tente, facile à dire, mais après il faut l'écrire ce commentaire. Car les gens vont cliquer pour lire l'article en entier et si tu n'as rien écrit sur le film, ils vont être vachement déçus, tu peux en être sûr. Ils vont se dire : "quoi ? On me dit d'aller sur un blog où l'on peut trouver des commentaires sur des livres ou des films, et puis en fait de commentaires, on n'a que des mots, des mots sans queue ni tête, des mots qui ne mènent à rien." Pourtant je dois vous avouer qu'écrire sur ce film me semble au-delà de ce que je sais faire. Un mot me taraude pourtant, un mot qui peut-être vous fera comprendre pourquoi j'aime énormément ce film, mais j'espère que cela ne vous donnera pas envie de le fuir. C'est un film littéraire. Il l'est bien-sûr car le personnage principal est un journaliste-écrivain qui écrit le scénario d'un film de science-fiction (2046). Il l'est dans cette recherche du passé dans le présent, ce qu'on a l'habitude d'appeler une recherche proustienne. Il l'est dans ces mots en voix-off qui épousent l'action, qui enveloppent les personnages comme une deuxième peau. Oui, nous avons notre peau ordinaire avec laquelle nous bougeons, nous faisons l'amour. Et cette seconde peau qui est faite de mots, et qui bien souvent s'entend assez mal avec la première. Ce film parle de cela et la caméra de Wong Kar-Waï est comme une troisième peau qui essaie et réussit miraculeusement à nous relier à ces personnages qui ne nous ressemblent pas et qui pourtant nous ressemblent , car nous avons comme eux les mêmes problèmes de peau.
Et Maggie Chung glissant d'un film à l'autre, et toutes ces actrices magnifiques. Tony Leung Chu-waï époustouflant comme il l'était dans In the mood for love. Et l'amour ? Quoi l'amour ? Eh bien l'amour, est-ce qu'il meurt à la fin ? Non, cette fois encore il s'en sort. Woah ! Chouette !

Pardon, Wong, pardon. Les mots, vous savez, ça ne se contrôle pas toujours. Et quand ça se contrôle c'est parfois trop. Alors refaites nous vite un autre film.

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